F to Lez : le grand dé-genrement, et comment le faire savoir aux filles

25 août 2015 - Jacqueline Julien, Bagdam Espace lesbien
Ajouté le 31 août 2015

Conférence présentée dans le cadre du colloque Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux, médiatiques et politiques au 7e Congrès international des recherches féministes dans la Francophonie.

Conférencière et conférencier : Jacqueline Julien, Présidente de l’association Bagdam Espace lesbien, France

Résumé de la conférence : Non, les lesbiennes ne sont pas une communauté sexuelle. Mais le corps leur est capital. Pourtant ces lesbiennes qui ne « sont pas des femmes », qui politisent le grand dé-genrement de leurs corps-à-corps, sont menacées d’inconsistance. Pourtant ces lesbiennes pour qui le lesbien ne se borne pas au féminin, sont toujours à ce jour minorées dans leur face-à-face (passionné) – qui passe pour impasse. Sont soupçonnées d’incarner un néo-Arcadisme saphique, vintage forcément, où, sous couvert de lesbien, se réessentialiserait en abyme l’énergie renouvelable, obstinée de la sexuation femme. La riposte des dominants en tous genres a donc été de ringardiser at large ce corps neo-wittiguien, taxé de dépassé voire suspect. Lesbienne = arnaque conceptuelle ? Incise : en régime de domination masculine, où nous sommes, il se trouve que la véritable, effrayante arnaque subie par les femmes, EST le régime dit hétérosexuel. Comment, lesbiennes, pourrions-nous rendre aux filles la conscience de leur braquage en tant que génitalisées de ce régime ? Comment leur donner l’idée de ce corps/à/corps lesbien comme pensée, projet révolutionnaire d’élucidation ? Il aura fallu une obstination. Une pyramide de résistances au marquage. Année.s après année.s. Un groupe d’action à Toulouse en France, Bagdam Espace lesbien, s’y essaie depuis 1989. L’une de ses fondatrices évoque le cursus de cette démarche de dé-marquage : être promotrices de ce grand dérangement lesbien, en OPA de dé-genrement, et au centre-ville, et cela de l’ère du papier à celle du 2.0.