Amitiés, théories queers et droit : vers une queerisation de nos modes de vie

29 avril 2026 | Laurence Gauvin-Joyal, Université d'Ottawa
Ajouté le 6 janvier 2026

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la série de conférences de l’année universitaire 2025-2026 de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’Université du Québec à Montréal.

Résumé : Cette communication vise à explorer comment une lecture queer des amitiés peut permettre de montrer, interroger et troubler les conceptions hétéronormatives du droit de la famille au Québec. La littérature sur les approches queers et féministes démontre que le droit hiérarchise les liens intimes en privilégiant la conjugalité et la parenté, et que ces catégories juridiques perpétuent les normes de genres et de sexualités. Par une analyse du discours, je démontrerai d’abord que le droit québécois s’intéresse aux amitiés en tant que relation secondaire, contribuant à produire et maintenir un mode de vie straight. Je proposerai ensuite une exploration théorique afin de montrer comment un usage queer (Ahmed, 2019) des amitiés permet de réimaginer nos modes de vie (Foucault, 1981) hors de l’amatonormativité (De Las Heras Gomez, 2019), agissant ainsi comme des actes de résistance.

Présentée par Laurence Gauvin-Joyal (elle/iel) de l’Université d’Ottawa. Laurence Gauvin-Joyal une juriste et militante queer, lesbienne et féministe engagée sur les questions de genres et de sexualités. Iel s’intéresse particulièrement aux différents rapports de pouvoir que le droit reproduit sur nos corps, dans nos relations intimes et sur nos modes de vie. Dans le cadre de sa maîtrise en droit à l’Université d’Ottawa, Laurence mobilise les théories queers pour interroger la construction des amitiés au sein du droit québécois.